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Ascension du Mont blanc le 11 Septembre 2009

Un membre de T&L a réussi l’ascencion du Mont blanc cet été

LE MONT -BLANC – MON EVEREST A MOI

Un matin du mois de Juin je me suis levé en me disant « tu vas faire le Mont-Blanc ». Pourquoi ? Je n’en sais rien, peut-être venant de faire 55 ans, mes neurones accusaient une légère fatigue. Voilà pourquoi le lundi 7 septembre 2009 à 4 heures 45 je quittais Villemoustaussou pour me diriger vers Chamonix (1035m).

J’avais rendez-vous avec mon guide, Olivier, à midi, gare de Montenvers, afin de parfaire ma marche en crampons sur la mer de Glace et avoir quelques rudiments d’alpinisme.

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la mer de glace
entrainement crampons
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balcon sur la mer de glace
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terrasse sur la mer de glace
un peu de repos mérité

En arrivant sur place, le physique de mon guide me donna un petit coup au moral : jeune, 33 ans, 1,65m pour 50 kg me fait comprendre que je vais en baver. Dès la descente sur la mer de Glace mes doutes se sont confirmés : j’avais un izard comme guide. Impressionnant de le voir descendre les échelles et se mouvoir par la suite sur le glacier. A côté de lui je ressemblais à un « gros patapouf ». Après 3 heures environ de marche j’arrivais à 70% à contrôler mes pieds avec crampons. Nous sommes passés à une petite séance d’alpinisme, ou j’ai maîtrisé à 90% : il m’indiquait des prises que je ne voyais pas (j’avais pas mes lunettes), elles devaient faire un demi centimètre, oh l’horreur, mais une fois le pied dessus, miracle, on tenait.

Nous sommes redescendus sur Chamonix en nous donnant rendez-vous pour le jeudi, vers 11 heures au refuge de Tête Rousse. Il m’a rassuré sur le parcours. Ce que j’avais vu sur Internet ne correspondait pas vraiment à la réalité : la traversée du « couloir de la mort » ne dure que 30 secondes environ. La 1er partie de l’ascension, Nid d’Aigle/Tête Rousse, il s’agit d’une marche de randonnée de montagne. La 2éme partie Tête Rousse/Refuge du Goûter, partie grimpe-alpinisme et la dernière Goûter/sommet Mont-Blanc marche de haute montagne.

A mon hôtel, la fenêtre de ma chambre donnait sur le Mont-Blanc et sur le parcours. Tous les matins à 6 heures 30 j’ouvrais les rideaux et de mon lit je « Le » défiais.

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chaine du Mont blanc
vue de la chambre
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la chaine du Mont Blanc
l’itinéraire suivi (de droite à gauche) soit aiguille du Goûter, Dôme du Goûter, Refuge Valot, les deux Bosses, et le sommet

Le mardi 8, je suis parti faire une randonnée toute la journée : Flégère (1877m), l’Index (2396m), le lac Blanc(2352m) et retour. Un dénivelé cumulé de 1600m environ pour 7 h de marche.

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le Lac Blanc
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le lac Blanc
avec le refuge

Le mercredi 9 j’avais comme consigne de mon guide de rester au repos, ce que j’ai fais en me promenant sur Chamonix et les Houches tout en ayant toujours un oeil en direction de mon but : « je t’aurais » !. Mais plus on s’approchait du départ, plus la boule grossissait dans mon ventre.

Enfin le jour J arriva et le jeudi 10, à 8 heures je prends le télécabine des Houches (1054m) en direction de Bellevue (1794m).

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train du Mont Blanc
gare de Bellevue avec le glacier de Bionnassay en arrière plan

De là, le train du Mont Blanc me dépose au Nid d’Aigle à 2380 m, point de départ en direction du refuge de Tête Rousse, 3167m, en bordure du glacier de Bionnassay.

J’attaque ma montée à 9 heures, laquelle au départ n’est pas trop rude, mais plus on avance plus elle se fait raide !. Il s’agit d’un chemin balisé serpentant dans les rochers. Vers le haut, des passages sont sécurisés avec des câbles en acier auquels on doit se tenir, car le sentier est recouvert de glace. Tout au long de la montée, on côtoie plusieurs personnes qui se dirigent vers le même but et d’après leurs conversations, on se dit que l’on a affaire à de « sacrés clients » : je me contentais juste de leur donner un timide bonjour, mais eux montaient tranquilles tout en discutant sur les « courses » prestigieuses d’alpinistes des années 50, français et étrangers, dans l’Everest ou ailleurs, et cela tout au long du trajet. A 10 heures 40, j’arrive à Tête Rousse où Olivier mon guide m’attend en compagnie de ses deux clients qui redescendent du Mont Blanc.

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glacier de Bionnassay
vu du refuge de Tête Rousse
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préparation à la traversée du glacier
le refuge en arrière plan
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sommet du Bionnassay
c’est bien moi avec le casque !

Petite halte, et à 11 heures 15, après s’être encordés, c’est le départ pour escalader l’Aiguille du Goûter (3817m). On n’avait pas fait 5 mètres qu’un rocher se dérobe sous mon pied et me voilà à terre en glissant vers le glacier !. Olivier par une traction sur la corde ralentit ma chute ce qui me permet de stopper celle-çi et de me relever, sous le regard de plusieurs dizaines de personnes qui se sont retournées au bruit des cailloux qui dégringolaient. Heureusement au même moment, un parapentiste a eu l’heureuse idée de se vautrer lamentablement sur le glacier, attirant à son tour les regards qui se sont détournés sur lui, et non plus sur moi...

Après le passage sur une partie du glacier nous abordons une première rampe de rocher que nous passons facilement pour atteindre le sinistre et réputé « Couloir de la mort » .

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le « Couloir de la mort » à franchir...
goulet de 1000m descendant de l’Aiguille du Goûter au glacier de Bionnassay
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le « Couloir de la mort »...
traversée à faire rapidement pour éviter les chutes de pierres !

Il s’agit de passer un couloir d’une largeur de 100m par lequel dégringolent des pierres et des rochers. Ce couloir part du sommet de l’Aiguille du Goûter 800m plus haut pour s’achever sur le glacier 200m plus bas. Nous avons passé ce couloir d’un pas rapide sans incident. A la fin de ce couloir, nous nous trouvons face à un premier ressaut rocailleux. Nous cheminons en lacets avec des marches déjà importantes à franchir sur des rochers souvent découpés et cisaillés. De loin l’Aiguille du Goûter ressemble à une falaise, d’en bas, elle semble moins pentue et quand on est dedans finalement, elle est quand même bien pentue !. Nous allons passer 2h30 à grimper en parallèle du couloir de la mort, en signalant par des sifflets ou en criant « cailloux » lorsqu’on constate la chute de pierres pour avertir ceux qui passent dans le couloir. Durant la montée,cinq chutes ont eu lieu et un rocher est passé très proche d’une guide femme. La grimpe se fera à mains nues ou gantées. Le sac à dos rempli commence à peser mais sur la fin de nombreux passages avec des câbles et prises métalliques fixés par les guides eux mêmes pour faciliter l’accès aux endroits très techniques, nous rendent la montée plus aisée.

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ascencion de l’aiguille du Gouter
elle se trouve parrallèle au « Couloir de la mort »
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main courante
cables et piquets métalliques fixés par les guides
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paroi de l’Aiguille du Goûter
vue du bas vers le haut

Il faut tirer sur les bras afin d’économiser les cuisses pour le lendemain. Mais en ce qui me concerne je ne suis pas fatigué, le souffle et les jambes sont au top. Il faut dire qu’Olivier, passé devant pour m’assurer, monte tranquille et m’indique les prises. Alors que nous sommes 100m sous le refuge, et que nous nous croyons parvenus, il faut se dire qu’il reste encore une demi heure d’escalade et pas la plus simple car la paroi est plus verticale et l’air ambiant moins dense. Vers 14 heures, nous atteignons le refuge du Goûter à 3817m. Ouf ! je me faisais une montagne de cette Aiguille du Goûter, mais j’y suis arrivé.

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vers le refuge du Goûter
j’y vais ?
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ou j’y vais pas ?
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le refuge est à 100m encore
faut y aller maintenant !

Nous mangeons un morceau et prenons contact avec la responsable du refuge : je dors au lit N°17 chambre 1, on mange à 18 heures à la table 1. Olivier me conseille d’aller me coucher, ce que je fais après avoir rangé mon matériel dans un casier. A 17 heures, je me rends sur la terrasse du refuge où le temps me permet d’admirer le paysage, mais point de Mont Blanc, il est caché par le Dôme du Goûter. Au refuge pour ce soir nous serons environ 120 personnes (ceux qui vont monter demain et ceux qui en sont redescendus au cours de l’après-midi). Il y a environ 70% d’étrangers, Anglais, Allemands , Espagnols, Hollandais, Polonais, Croates, Turcs, Argentins ...... et on parle anglais sur les « courses » faites et à venir. En ce qui me concerne je pense être le néophyte de la soirée et je ne peux raconter que mes randos au fameux »rocher de Bataille » dans les Pyrénées,et en français... Durant le souper, une mer de nuages s’est installée et à 19 heures 30 j’étais dans mon lit en pensant que demain j’allais avoir « mon nirvana ».

Difficile de dormir dans un refuge avec le bruit et le va et vient des personnes. Il fait chaud à l’intérieur et la bouteille d’eau qu’Olivier m’avait conseillé de prendre au lit m’a bien aidé pour désécher ma bouche. Je dormais dans mon « sac à viande », vêtu d’un collant, chaussettes et t-shirt « dry fit » et une couverture en dessus. Parfois j’avais de la peine à respirer et je me faisais du souci pour le lendemain.

Courte nuit et à 2 heures 40, après avoir dormi 1 à 2 heures : debout !. Je ne suis pas le premier, car certains sont partis à 2 heures du matin. Nous, nous avons attendu l’ouverture du petit déjeuner à 3 heures comme la plupart des autres randonneurs, pardon alpinistes. En sortant pour satisfaire un besoin naturel, pour parler naturel je dirais pour aller pisser, je constate qu’il fait bon. Pas un nuage et nous pouvons admirer en bas les lumières de toutes les villes et notamment Mégève, St-Gervais, Chamonix, etc, etc ... magnifique. Pour m’habiller, sur mon collant un pantalon plus un sur- pantalon de ski et sur le t-shirt « dry fit » juste un gilet polaire, mon coupe vent et une paire de gants. Nous mettons nos crampons, lampe frontale, sans oublier nos bâtons de marche.Nous nous encordons et nous nous faufilons parmi ce petit monde pour nous positionner face au départ.

C’est parti, 3 heures 35. Les 30 premiers mètres au dessus du refuge sont à pic et d’entrée je suis « mort » !!. Cela commence bien, mais heureusement un petit plat, puis une légère descente me font revivre. Je revis si bien que je me marche sur les pieds, je tombe la tête en avant et je glisse dans la pente. Une nouvelle fois Olivier stoppe ma glissade et me dit énergiquement « surtout ne me fait pas ça à l’arête sommitale ! ». Il m’arrange ma lampe frontale qui a fait les frais de cette chute et nous reprenons notre progression et je constate que tout va : souffle, jambe. Olivier me demande de garder la corde tendue : il est 1m50 devant moi, il a un pas très régulier. A ma droite le précipice doit être magnifique, mais je ne le vois pas, uniquement un joli noir. Sur ma gauche la pente enneigée.

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lever du jour
la moitié du chemin est faite
Petit « arrêt buffet » avant les choses sérieuses..
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la pente les Deux bosses
lever du soleil
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c’est parti !
petit plateau au refuge Valot (refuge de secours)

Nous atteignons 4000m et attaquons le Dôme du Goûter. En levant les yeux je constate plein de petites lumières devant qui serpentent sur le Dôme et pour certaines- horreur !- elles sont drôlement hautes. Mes bâtons( dont j’ai oublié de mettre les rondelles) s’enfoncent et occasionnent une petite dépense d’énergie. Toutefois je suis étonné de ma condition : AU TOP à 4200m !. Je rajoute à mon équipement le passe montagne car il commence à faire frais.

Mais que se passe t-il, alors que nous allons atteindre le sommet du Dôme à 4237m mes jambes m’abandonnent : plus de mollets, plus de chevilles. Au secours, Olivier !!... Un arrêt de 30 secondes pour boire un coup et on repart dans cette ascension du Dôme longue et dure.

De la nuit profonde nous passons à un bleu nuit. Nous venons de passer le Dôme du Goûter et la fatigue ressentie par l’absence soudaine de mes jambes qui m’a fait traverser l’idée d’abandonner, s’estompe un peu. Il reste encore les deux tiers et le plus dur. Nous marchons sur du plat- 300m- pour atteindre le col du Dôme. Passés ces quelques centaines de mètres de plat, nous reprenons l’ascension par des dénivelés semble t-il plus importants pour accéder au refuge Vallot 4362m (refuge de secours). Le mur qui permet d’accéder au refuge est sacrément pentu. Je suis à deux doigts de demander à Olivier d’arrêter cette souffrance, mais je vois le refuge à quelques mètres, alors que je croyais devoir monter encore les deux bosses avant d’y arriver. Gros soulagement et une fois à l’intérieur nous nous restaurons, enfin essayons car les barres sont gelées et le coca super froid, ça brûle les dents. Olivier me demande d’enlever la veste coupe vent et de rajouter mon polo polaire, mettre ma veste de froid et mes moufles à la place des gants. La transpiration sur ma veste coupe vent se glace, il fait -8°. Olivier me demande où j’ai mal, je lui réponds« au mollet droit et aux chevilles ». Je me sentais un peu barbouillé avec un léger mal de tête. Il me fait parler, cela (comme il me le dira plus tard) afin d’évaluer ma condition. Comme je lui répondais clairement, sans hésitation, il a estimé qu’il n’y avait aucun problème pour la poursuite de « la course ».

Nous quittons le refuge et le jour se lève. Lorsqu’il faisait nuit, j’étais en pleine forme et je regrettais de ne pas voir les environs. Maintenant qu’il fait clair, je pourrais bien admirer le paysage mais mes yeux restent obstinémént fixés sur mes pas..et pour cause !.... Jusqu’à maintenant nous avons monté 550m et il en reste encore 450 !. Le soleil apparait et en levant (enfin) les yeux, je mesure avec effroi l’ampleur de la tache qui nous reste à faire. Il n’y a pas de mots pour le dire : l’enfer à côté, c’est le paradis !.

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les Deux Bosses
altitude 4550m

Nous attaquons l’arête des Bosses 4550m la plus verticale et vertigineuse depuis le départ, mais la pente n’est pas inabordable. Mes jambes s’améliorent, mais j’ai toujours un léger mal de tête et un peu barbouillé (mal d’altitude peut-être ?). Il y en a d’autres que moi qui ont aussi été dérangés , à voir, maintenant qu’il fait jour, les restes de repas restitués par les estomacs des alpinistes(beurk...). De même, plusieurs bâtons sont posés en bordure du chemin par des gens qui soit n’ont plus eu la force de les planter ou soit ont préféré monter sans ?. Les Deux Bosses passées, il ne reste que l’arête sommitale.

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arrête sommitale du Mont Blanc
les 250 derniers mètres de dénivelé
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on reprend son souffle !
au pied de l’arrête

Le rythme imposé par Olivier est idéal : un pas j’inspire une seconde, un autre pas, je souffle. La longueur des pas : 20cm pas plus. Plus j’avance, plus je regarde vers le haut, et ce putain de sommet est toujours aussi loin. Mais là je l’aurai, je monte au courage, à l’énergie, je suis fort, je t’aurai, je t’aurai !! ...... Des personnes descendent du sommet et nous nous croisons difficilement.

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le sommet approche
encore quelques mètres qui paraissent des kilomètres !
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toujours plus près
des centimètres qui paraissent des hectomètres !

Tête penchée j’avance, chaque pas semble me coûter l’énergie de cent pas en bas de la vallée, mais j’avance, j’avance ...... et le 11 septembre 2009 à 8h05 JE SUIS AU SOMMET DU MONT BLANC soit 4810 mètres. Moi, Christian, je viens de conquérir le plus haut sommet d’Europe.!!!

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le « V » de la victoire
content mais épuisé
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sommet du Mont Blanc à 4810m
il fait frisquet (- 20°) mais chaud au coeur !
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la cordée au sommet
avec mon guide Olivier

Deux mois et demi à m’y être investi à fond, à y penser, à manger, à dormir Mont Blanc, à rendre Brigitte jalouse du Mont Blanc, et j’y suis arrivé.

En haut, ce que j’ai fait ? J’y suis resté dix minutes environ et j’ai pleuré, pleuré, pleuré ....

Il faisait - 12° avec un vent de 30 Km/h donc température ressentie - 20°. Après avoir fait un tour d’horizon, et pris la photo souvenir, nous repartons pour une descente de...2600 mètres !.

Celle jusqu’au refuge du Goûter a été galère ; j’ai marché comme un zombie, et pleuré comme une madeleine. Nous descendons dans de la neige fraîche pour éviter de fatiguer nos genoux et chevilles. Nous croisons un groupe qui monte : un jeune, 28 ans environ, est couché, blanc, la bouche grande ouverte, je pense qu’il ne va pas y arriver. Olivier me dit que certains abandonnent à 100m du but. Olivier fait bien attention à contourner les crevasses.

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le retour
un coup d’oeil en arrière
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le plateau du refuge Valot
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petite pause avant la descente infernale
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attention à la crevasse
sur le dôme du Goûter

Normalement en descente je dois être devant lui, mais pour éviter un accident (genre tomber dans une crevasse, par exemple..), il passera devant. Pour la descente je constate que chaque cordée passe là ou elle veut, c’est la débandade. Il était 10h45 lorsque nous sommes arrivés au refuge. Je n’avais pas faim mais soif. Après avoir bu du coca, mangé un morceau de fromage, nous reprenons tout notre matériel et mon sac à dos est à nouveau super lourd.

Nous attaquons vers midi le retour de l’Aiguille du Goûter vers Tête Rousse. Contrairement à la montée, je trouve plus difficile la descente car les prises sont difficiles à trouver. Nous sommes face au vide contrairement à la montée où nous y tournons le dos. Nous croisons des personnes qui montent, je me mets à les plaindre, « ils vont en chier » et je pleure ... Je continue à descendre : je pose mes mains de part et d’autre, le pied sur la petite prise, je m’appuie sur les bras et me laisse descendre pour poser mon deuxième pied. Toujours bien encordé, je fais confiance à Olivier et bien que fatigué je ne galère pas trop. Ouf ! on arrive à Tête Rousse, plus qu’une heure trente de descente environ pour arriver au Nid d’Aigle ou nous allons reprendre le train pour revenir à Chamonix. Ah, j’allais oublier, je pleure et après 5 minutes de pause on prend la direction du Nid d’Aigle. Je demande à Olivier de ne pas m’attendre, et je descends à mon rythme. Lui ,va descendre plus vite pour réserver une place pour le train de 15h35, car il faudrait attendre celui de 16h35. J’arrive au Nid d’Aigle à 14 heures : nous aurons la place pour le train de 15h35.

Je n’ai plus mal à la tête, ni de barbouillage, uniquement un peu mal aux jambes. Nous arrivons aux Houches à 16 heures 15, nous allons boire une bonne bière et je me sépare de mon guide Olivier.

Je rentre à l’hôtel et je pleure. Je me suis dis « tu l’a fais une fois mais c’est fini, trop galère ».

Mais la nuit portant conseil sans doute, au retour sur Villemoustaussou le lendemain, samedi 12 ... je me suis dis : « tu l’a fais une fois, trop vite, tu n’as pas eu le temps d’apprécier...alors Mont-Blanc, l’an prochain on risque de se retrouver » ...

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le Mont Blanc derrière
On risque de se revoir !...

Y aura-t-il un(e) volontaire pour m’accompagner ?.....

Christian

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